Est-il normal de se prendre pour un blogueur de droite ?
mercredi 22 juillet 2009
Plus de dix jours sans rien écrire ici. Les raisons ? Beaucoup de boulot, donc peu de temps pour mettre une idée à plat, et surtout de plus en plus d'outils pour partager des débuts d'opinions et des contenus sans trop se fouler : Twitter bien sûr, mais également Google Reader, Friendfeed (qui plaît de plus en plus aux blogueurs français), et surtout mon nouveau jouet préféré : Posterous.
Mais souvent, quand le blogueur se fait un peu trop discret, il est rappelé par sa communauté. Ca n'a pas manqué dans mon cas : j'ai été tagué non pas une, ni deux, mais trois fois, sur deux chaînes différentes.
La première : suite à un nouvel éclair de génie venu d'en haut, il s'agit de formuler une série de questions sur le thème "Est-il normal que... ?". J'ai été rappelé à l'ordre par Gaël et par H16. Essayons donc de faire ça proprement : messieurs, j'ai ce qu'il vous faut ici.
La deuxième (plus difficile) : Mathieu me demande de me prendre pour un blogueur de droite, et de répondre aux deux questions suivantes :
- En ces temps de crise généralisée des valeurs et du "système", quels seraient vos points d'ancrage idéologiques à droite ?
- Étant à droite, que soutiendriez-vous plus que tout dans l'action du président Sarkozy ?
Pas évident : encore faut-il définir ce qu'est un blogueur de droite, donc ce qu'est la droite. Vaste programme. Sans trop m'étaler, je vais partir de l'hypothèse de travail suivante : les électeurs que l'on appelle "de droite" ont généralement en commun les traits suivants : conservatisme social mâtiné d'autoritarisme ; attachement sincère aux "valeurs" et à l'identité (avec souvent une certaine confusion entre les identités collective et personnelle) ; une pincée d'individualisme. Tout cela est évidemment extrêmement schématique, mais essayons tout de même de répondre aux deux questions posées dans cette optique :
- Dans une logique conservatrice, la réponse idéologique à la crise, c'est souvent le repli. Le principal point d'ancrage serait donc la préservation, le cas échéant par la puissance publique, de l'identité française (pour faire face à la mondialisation). On aurait un ministère spécial pour l'immigration et l'identité nationale, et on menacerait d'interdire les signes extérieurs d'extranéité. Le deuxième volet d'une réponse conservatrice, c'est l'aspect individualiste : certes, l'État préserve la société, mais il revient à chacun de se donner les moyens d'améliorer ou de maintenir sa situation individuelle. Mais comme ce second volet est assez largement incompatible avec le premier (Pour "préserver la société", l'État doit nécessairement l'englober ; ce qui est impossible sans contraindre et donc déresponsabiliser les individus qui la composent ; c'est mécanique), le numéro d'équilibriste n'est jamais très loin. Gare à la chute.
- Si j'étais à droite, c'est-à-dire si je présentais cet attrait paradoxal pour l'ordre et pour la réussite ; pour l'autorité et pour la responsabilité, ce que je soutiendrais plus que tout dans l'action du président Sarkozy, c'est précisément l'équilibre aussi
illusoireprécaire qu'indispensable qu'il s'efforce de représenter — celui de quelqu'un qui veut réussir le changement pour qu'enfin, l'ordre soit respecté. J'essaierais de me convaincre qu'un tel équilibre est réalisable, et il essaierait de me convaincre qu'il est le seul à pouvoir y parvenir.
Voilà. Je refile le premier bébé au Faucon et à Seb, et le second à Gaël et à H16.


