Ca vole haut, très haut
samedi 28 mars 2009
Le chef d'escadrille du classement Wikio a prononcé son jugement souverain : le réseau LHC est de droite. Non pas simplement ses fondateurs, ni même la majorité de ses membres, mais le réseau tout entier, comme un seul homme. Je ne comptais pas rebondir sur ces élucubrations, dont la brillance n'a d'égale que la profondeur intellectuelle, mais, faible que je suis, je ne peux pas m'en empêcher.
Évacuons tout de suite le premier "malentendu" : le réseau LHC n'est ni de droite, ni de gauche, ni de rien du tout, pour la simple et bonne raison que contrairement à certains autres, l'appartenance de ses membres ne repose pas sur une plate-forme politique, mais sur le respect des trois valeurs qui les réunissent. Je sais bien que ça bouleverse profondément les idéologues à tendance totalitaire de tout poil, mais c'est ainsi. Et ça le restera tant que j'en serai.
Il faut dire que notre dernier recrutement a commencé à faire jaser le peuple de gauche de la blogosphère politique française : vous imaginez, ils ont admis Didier Goux ! Sautons sur l'occasion, c'est le moment où jamais de se payer la tête de ces clowns de libéraux à deux balles ! C'est enfin le moment d'en découdre avec l'ennemi, le vrai : non pas la majorité parlementaire, de plus en plus divisée ; pas non plus le gouvernement, qui ne sait plus trop où il va ; pas même l'omniprésident, dont les discours ressemblent de plus en plus à un billet de left blog hydrocéphale en mal d'inspiration.
Non, le véritable ennemi, vous dis-je, c'est le libéral, cet animal politique honni qui ose se positionner en dehors du bon vieux clivage entre les riches qui persécutent et les pauvres qui souffrent ; entre les puissances de l'argent et les élans du coeur.
Mais comment porter le coup fatal, comment montrer le visage abject caché sous le masque libéral ? Attention, c'est de la philosophie politique de très haut vol :
Ce (sic) qui vont répondre : "non, on est libéraux pas de droite" proposent probablement de supprimer le code du travail, la sécurité sociale, l'impôt sur le revenu, ... Ils sont donc à droite.
(...)
Ces braves gens critiquent les positionnements à gauche en trollant les billets en évoquant le merveilleux thème du "politiquement correct". Tiens ! On défend la Palestine pour être "politiquement corrects". On est contre les expulsions de sans papier pour être "politiquement correct". On est contre le racisme pour être politiquement correct. J'en passe.
Grosso modo, voici donc la grille de lecture à adopter : la gauche, c'est pour la sécurité absolue de l'emploi, pour les médicaments gratuits, pour prendre tous les sous des riches, pour dénoncer l'ogre sioniste, pour pleurer le sort des sans-papiers. Si tu vois ne serait-ce qu'un centimètre plus loin que ce misérabilisme pour militant anémique, si tu reconnais au monde dans lequel tu vis un gramme de complexité, t'es pas de gauche. Et si t'es pas de gauche, alors t'es de droite.
Bigre. Traduction : on est le camp du bien. Si t'es pas d'accord avec nous en tout et pour tout, si t'as la moindre dose d'esprit critique, t'es un méchant. À ce niveau-là, c'est même plus une grève, c'est une démission.
Si c'est effectivement comme cela que se vit et se définit la gauche française aujourd'hui, je comprends tout de suite mieux l'impressionnante teneur des récentes propositions socialistes.


