Tous les journalistes sont-ils nuls ?
samedi 21 février 2009
Franck Boizard pose la question : Pourquoi les journalistes sont-ils si nuls ? D'après lui, deux raisons principales : le gauchisme, “qui abrutit le débat, ceux qui y participent et ceux qui le rapportent”, et une mission de “raconteurs d'histoires”, qui noierait dans le flux continu de l'information toute velléité d'analyse.
Je ne suis pas sûr de partager ce point de vue, parce qu'il me semble appliquer des raisonnements d'ordre très général (le poids de l'orientation politique ; le manque de recul du à la fonction) à une situation qui ne l'est pas forcément. Philippe Bilger, par exemple, parvient à maintenir sa réflexion dans un cadre mieux défini.
Car en effet, tous les journalistes sont-ils si nuls ? Comparez la prestation récente de nos interviewers nationaux avec celle-ci :
Jon Stewart, l'animateur du Daily Show, reçoit John Sununu, ancien sénateur républicain et membre du panel du Congrès responsable de la supervision du plan de relance de Barack Obama.
Alors certes, Jon Stewart, ce n'est pas David Pujadas. Et John Sununu n'est pas président. Mais tout de même, vous sentez la différence ? Stewart n'a pas peur de la technicalité dans la discussion : il a beau faire de l'humour (c'est, au départ, un comique), il maîtrise son sujet sur le bout des doigts. Il a bossé, et ça se voit. Et sans se montrer inutilement agressif, il ne se satisfait d'aucune réponse facile. Il ne lâche pas son interlocuteur d'une semelle.
Quelle est la recette pour arriver à un tel niveau d'indépendance et de compétence de la presse ? J'ai ma petite idée.


