Faut-il militer en faveur des sweatshops ?
vendredi 16 janvier 2009
C'est l'avis du grand reporter Nicholas Kristof, double lauréat du prix Pulitzer :
Le meilleur moyen d'aider les gens dans les pays les plus pauvres n'est pas de faire campagne contre les sweatshops, mais d'y promouvoir la fabrication. Une des meilleures choses que l'Amérique puisse faire pour l'Afrique serait de renforcer notre programme d'encouragement des importations africaines, l'AGOA, et de suggérer à l'Europe de le copier.
Son article dans le New York Times mérite le détour. Le journaliste y explique qu'aussi insupportables que puissent nous paraître les conditions de travail dans les sweatshops, ces ateliers de misère, elles restent de l'ordre du rêve pour beaucoup d'habitants des pays les plus pauvres de la planète, comme le Cambodge :
Une autre femme, Vath Sam Oeun, espère que son fils de dix ans, qui fouille la décharge à ses côtés, trouvera un travail à l'usine en grandissant, en partie parce qu'elle a vue d'autres enfants se faire écraser par les camions-poubelle. Son fils n'est jamais allé chez le docteur ni le dentiste, et a pris son dernier bain quand il avait deux ans, donc en comparaison un travail dans un sweatshop serait bien plus agréable et moins dangereux.
Comme le relève Kristof lui-même, il est étrange et inconfortable, surtout pour un Occidental, de prendre la défense de ces sweatshops, qui constituent pour nous un des symboles modernes de l'exploitation de l'homme par l'homme. Mais la démonstration est implacable.
Non ?


