Billet où je parle d'écriture et de conversation
jeudi 29 janvier 2009
Lomig a publié aujourd'hui un billet simple mais sincère sur le bonheur d'écrire, de voir sa propre pensée de cristalliser l'instant d'un article — de la voir témoigner, petit à petit, de sa propre évolution. Je partage cette conception de l'écriture, même quand le processus de cristallisation n'est pas aussi facile, nécessite un peu plus d'effort que prévu.
Son billet me rappelle la conversation que nous avons eue hier à la République des blogs, sur l'écriture, sur les livres... et sur Kafka. Il me rappelle aussi celle que j'ai eue avec Mathieu L., qui m'expliquait comment le plaisir qu'il prend à écrire rend pratiquement impossible tout évaluation du produit de cette écriture. Me revient également à l'esprit le plaisir naïf, presque infantile, que j'essayais de décrire à Didier Goux : celui de recevoir un nouveau commentaire, de rencontrer un nouveau lecteur, de lire un nouveau blogueur.
Notre bonheur d'écrire, celui que nous ressentons en tant que blogueurs, est-il le même que celui des romanciers ? des essayistes ? des éditorialistes ? Je ne sais pas. En tout cas, hier soir, Hypos semblait dire que non, ce n'était pas la même écriture, pas le même plaisir. Elle m'expliquait que nous, blogueurs, recherchions autant à fixer, à diffuser notre pensée qu'à la confronter avec d'autres ; alors qu'eux, écrivains, journalistes, livraient la leur sans attendre autre chose en retour que d'être lus.
Elle n'avait pas nécessairement tort, et Fred 2 Baro me disait cette après-midi, lors de notre petite séance de rattrapage de la RDB chez Mariage Frères, dans le Marais, que c'était cette dimension nouvelle de l'écriture que beaucoup de journalistes n'arrivaient pas à intégrer : que la conversation, l'échange de points de vue prenaient le pas sur la simple diffusion d'informations, fussent-elles essentielles ou objectives ; qu'aujourd'hui, diffuser ses idées, c'était avant tout accepter d'en débattre avec d'autres.
En somme, tandis que le journaliste feint recherche l'objectivité, les blogueurs confrontent leurs subjectivités. Qu'en pensez-vous ? Comment appréhendez-vous votre propre écriture ?


