L'affaire est récente (elle date de vendredi, à ma connaissance), mais a déjà fait couler beaucoup d'encre. Elle porte sur l'ouverture par le parquet d'une enquête préliminaire sur un certain nombre de mouvements de fonds relatifs aux associations "Les Parrains de SOS Racisme" et "Fédération indépendante et démocratique lycéenne".

De façon assez surprenante, l'enquête en question n'est pas née d'un dépôt de plainte mais de "révélations" du Tracfin, une institution d'ordre politique administratif plutôt que judiciaire.

Cet organisme rattaché au ministère des finances, dont la tâche principale est la lutte contre le blanchiment d'argent, est saisi sur simple "déclaration de soupçon", qui peut être réalisée par toute une série de personnes. Institutions bancaires ou financières (banques, entreprises d'investissement, etc.), agents immobiliers, experts-comptables, notaires... la liste est assez longue, mais néanmoins limitative ; vous la trouverez à l'article L. 562-1 du code monétaire et financier.

Julien Dray a donc probablement fait l'objet d'une dénonciation "déclaration de soupçon", le Tracfin ne pouvant être saisi par voie de presse.

Plus étrange encore, ce sont Jean-François Copé et Frédéric Lefebvre qui prennent sa défense, tandis qu'au PS, personne ne bouge — ni chez les légitimistes, ni chez les royalistes. Dray, lui, sent bien que de part et d'autre, on lui joue un mauvais tour. Il faut dire qu'il a tour à tour oeuvré pour la campagne présidentielle de Ségolène Royal, pris ses distances d'avec cette dernière dans son dernier ouvrage, puis à nouveau sa défense lors l'affrontement avec Martine Aubry pour la prise du PS, avant enfin d'être considéré comme un candidat potentiel à l'ouverture sarkozyenne.

Fidèles à leurs habitudes, Jules analyse et Authueil décrypte. Quant au Chafouin, il pose la question qui brûle nos lèvres à tous : à qui profite le crime ? Et de citer beaucoup de monde. Le Faucon fait preuve d'un scepticisme humain et élégant.

Je demande simplement, pour ma part : à qui le crime ne profite-t-il pas ? Et d'un seul coup, beaucoup moins de noms viennent à l'esprit...

 

blog comments powered by Disqus