Lu chez l'excellent Yves Deligné, à propos du soutien de Ségolène Royal à Georges Frêche :

Pourtant, c'est le même Frêche, qui, lors de l'élection présidentielle de décembre 1965, appelait à voter pour... de Gaulle, afin de "barrer la route à Mitterrand, le candidat américain" !

Ainsi donc, il existe au Parti socialiste un insulte plus sévère encore que "social-démocrate" ! Attention toutefois, traiter un camarade d'américain, c'est un peu utiliser l'arme atomique : on ne le fait que dans les cas les plus extrêmes, et pour écourter les débats une bonne fois pour toutes ! Bon, quarante ans après, ça paraît forcément un peu excessif, mais au moins le problème est réglé.

Surtout, on ne réserve ce traitement de faveur qu'aux véritables ennemis ; à l'intérieur comme à l'extérieur.

Et si au lieu "d'américain", c'était "allemand" ou "algérien" ? Ah non, vous comprenez, là ce serait xénophobe, raciste, belliqueux...

Avec les Américains — pardon, les États-Uniens —, c'est idéologique, que dis-je, c'est intellectuel. Mais les Allemands ou les Algériens, vous imaginez une seconde ? Avec ces gens-là on a fait la paix depuis longtemps !

 

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