Voici un petit morceau d'interview, traduit par mes soins, à mettre entre les yeux à la fois de ceux qui pensent que Milton Friedman était un méchant ultra-libéral de droite, de ceux qui aiment écrire que Paul Krugman est un gentil keynésien de gauche, et plus généralement des idéologues de tout poil :
Interviewer : Au moment de la Dépression, souteniez-vous la politique du New Deal ?

Milton Friedman : Vous parlez non pas de la Dépression, mais de l'après-Dépression. Du moins le fond a été touché en 1933. Il faut distinguer entre deux séries de politiques de New Deal. Une série de politiques de New Deal relevait de la réforme : contrôle des salaires et des prix, Blue Eagle, mouvement national de relèvement de l'industrie. Je ne soutenais pas ces politiques. L'autre partie de la politique du New Deal relevait de l'aide et du redémarrage... offrir de l'aide aux chômeurs, offrir des emplois aux chômeurs, et pousser l'économie à l'expansion... une politique monétaire d'envergure. Ces parties du New Deal, je les soutenais.

Interviewer : Mais pourquoi les souteniez-vous ?

Milton Friedman : Parce que les circonstances étaient tout-à-fait exceptionnelles. Nous nous trouvions dans une situation extraordinairement difficile, sans précédent dans l'histoire. Il y avait des millions de gens sans emploi. Il fallait faire quelque chose ; c'était intolérable. Et c'était un cas dans lequel, contrairement à la plupart des cas, le court terme méritait de prévaloir.
À méditer, même si le court terme n'excuse pas tout.

À lire en tout cas en entier.
 

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