Why Blog?

Taggé par un ami alcidé fameux, je me trouve sommé de citer “six raisons pour lesquelles quelqu’un exerçant ma profession devrait absolument tenir un blog sous peine de faute professionnelle grave.”

A cet ami donc, j’avais promis de saisir cette occasion pour faire ma petite rentrée sur ce blog. C’est une promesse que je n’ai pas été mesure de tenir. En effet, l’exercice m’est apparu, au moment de m’y atteler, bien plus ardu que de prime abord. J’ai eu beau me creuser la tête, impossible de trouver six raisons. Ma profession, surtout en France, est hélas telle que tenir un blog constitue moins une obligation professionnelle qu’une source de questionnement et parfois de soucis. C’est en tout cas mon point de vue.

Devant cette impasse, j’ai décidé, pour me plier à l’appel de la banquise, de vous livrer six raisons pour lesquelles je ne peux pas, en toute honnêteté, m’exécuter.

Première raison, tout d’abord : ne pas tenir un blog ne peut juridiquement, en toute vraisemblance, constituer une “faute professionnelle grave” pour personne. Enfin, il me semble. Même si je peux comprendre le sens de cette légère exagération, je ne peux la cautionner. Ceci a beau ne pas être un blog juridique, je suis avocat.

Deuxième raison, ensuite : ça veut dire quoi, “tenir un blog” ? Le créer, puis le mettre à jour régulièrement, j’imagine. Régulièrement, c’est-à-dire ? Tous les jours ? Toutes les semaines ? Tous les mois ? Quand l’actualité de la profession le justifie ? Mais qui décide ? Et qui décide des sanctions ?

Troisième raison, de toute façon : si bloguer était une obligation professionnelle, “tenir” un blog ne suffirait pas : encore faudrait-il que le blog en question concerne l’activité professionnelle du blogueur !

Quatrième raison, d’ailleurs : difficile de vous expliquer qu’un avocat devrait absolument tenir un blog, sous peine de faute professionnelle grave, quand mon blog à moi ne traite que très rarement de sujets juridiques. J’ai beau être avocat, ceci n’est pas un blog juridique.

Cinquième raison, surtout : le droit au silence. Même s’il était avéré et incontournable que tenir un blog soit indispensable à mon activité professionnelle, d’où tirerait-on le droit de m’y contraindre ? La liberté d’expression, c’est aussi le droit de ne rien dire.

Sixième raison, enfin : six raisons, c’est vraiment beaucoup. Je veux dire, même en admettant que ne pas tenir un blog puisse constituer une faute professionnelle, une seule raison suffirait alors. En demander six, ce serait faire bien peu de cas de ses obligations professionnelles.

Si vous voulez lire d'autres réponses plus créatives et surtout plus positives, c'est ici que ça se passe.

Ah, mais j'oubliais presque : à mon tour de désigner six professionnels blogueurs (et non pas blogueurs professionnels) ! Eh bien ce seront Lomig, Criticus, Samuel, le Faucon, Aster, et Koz (parce que deux avocats ne peuvent pas être entièrement d'accord sur un sujet pareil).
 

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