La République buissonnière

Jean-Michel Aphatie relève ce matin sur son blog qu'hier, à l'occasion d'un débat l'Assemblée nationale sur le livre blanc consacré à la défense et à la securité nationale, seulement 40 députés sur 577 étaient présents. 40 sur 577. Une preuve de plus de la démission des politiques français. Une telle marque d'irresponsabilité explique mieux comment on peut se retrouver avec d'interminables lois fourre-tout, rédigées sur le pouce et votées sans aucun débat digne de ce nom. Face à cette situation, il est indispensable de prévoir des dispositifs de contrôle a posteriori des lois votées. Le projet de réforme des institutions constitue, à ce titre, un pas dans la bonne direction, mais on peut regretter que le législateur constitutionnel ait choisi l'option la plus conservatrice, avec le contrôle de constitutionnalité par voie d'exception et non par voie d'action. Mais, en amont, quelles sont les pistes à envisager pour mettre un terme à la plus affligeante de nos "exceptions culturelles" ? Tout est question d'incitations.
  • Le plus urgent, c'est l'interdiction absolue du cumul des mandats. J'ai toujours trouvé les arguments en faveur du statu quo à la limite du foutage de gueule. Je me répète, mais je viens d'avoir la preuve définitive que j'avais raison.
  • Ensuite, si on y parvient, il faudra bien instaurer des sanctions — progressives — contre l'absentéisme parlementaire, allant du blâme jusqu'à la radiation pure et simple pour les multirécidivistes.
  • Trop de textes sont votés dans des hémicycles quasi-déserts. Il serait donc grand temps d'instituer un quorum pour le vote des lois et amendements. En clair : en-dessous de (par exemple) 25% de députés présents, on ne vote pas.

Les 537 absents tenteront peut-être de se justifier en rappelant qu'il s'agissait d'un débat sans vote. Nemo auditur propriam turpitudinem allegans.

UPDATE : Authueil prend la défense des députés, qualifiant Aphatie de "blogueur poujadiste". Je trouve qu'il y va un peu fort, sur le coup. Et le cœur de son explication — le travail parlementaire ne se résume pas à la présence en séance à l'Assemblée — me semble un peu léger. Certes le travail en séance n'est pas tout, et ne suffit pas ; mais ça me semble quand même constituer le minimum de ce qu'on attend d'un représentant de la nation. A lire en tout cas, pour comparer les points de vue.

 

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