Sans mauvaise grande loi ni crise d'hystérie collective, les Etats-Unis sont en train de reconnaître sur l'intégralité de leur territoire le mariage homosexuel. Comme souvent dans la tradition américaine, l'évolution a été progressive, presque évidente, et pourtant extrêmement rapide. Surtout, elle a été l'œuvre de juristes plutôt que de politiques. Comme l'explique Scott H. Greenfield sur son blog, Simple Justice :
With mind-numbing speed, and against the predictions of critics, the confluence of two events will change the landscape for gays and Lesbians forever and end the legal fight over the right to same-sex marriage. First, the decision by the California Supreme Court that denial of marriage to same-sex couples was unconstitutional has resulted in California announcing that marriage licenses will be issued as of June 17th. New York will now close the loop, with Gov. David Paterson directing state agencies to revise their regulations to acknowledge same-sex marriages performed in other jurisdictions, as posted by Gideon from this New York Times article. That's the end of the game. Now that the bookends will either perform the marriage or recognize it as such, resistance in the middle is meaningless. It's untenable to have a country where marriage is available and recognized by some states and not others. With resistance futile, it no longer matters what legislators in hick states think. It's a done deal. The only thing left to be proven is which states are so ridiculously out of touch that they will continue to fight the tide and reduce themselves to America's latest joke.
Traduit par mes soins :

A une vitesse ahurissante, et contre les prédictions des critiques, la confluence de deux événements va changer la vie des gays et lesbiennes à jamais, et mettre fin à la bataille juridique sur le droit au mariage homosexuel. Premièrement, la décision de la Cour suprême de Californie aux termes de laquelle le refus de marier les couples de même sexe est inconstitutionnel a conduit la Californie à annoncer que des licences de mariages seront délivrées à partir du 17 juin. New York va à présent boucler la boucle, le Gouverneur David Paterson indiquant aux agences de l'état de réviser leurs réglements afin de reconnaître les mariages homosexuels réalisés dans d'autres juridictions, comme posté par Gideon dans cet article du New York Times. C'est la fin de la partie. A présent que des deux côtés, on va soit célébrer le mariage, soit le reconnaître comme tel, toute résistance intermédiaire est vaine. Il est intenable dans un pays que le mariage soit reconnu dans certains états et pas dans d'autres. La résistance étant futile, l'opinion des législateurs dans les états ploucs (sic) n'a plus d'importance. L'affaire est dans le sac. La seule chose qui reste à prouver, c'est quels états sont si dérisoirement hors du coup qu'ils continueront à se battre contre la marée, et se réduiront à devenir la dernière farce de l'Amérique.

En effet, la "Full Faith and Credit Clause" de la constitution américaine (article IV, section 1) dispose :
Chaque Etat fera complètement foi et reconnaissance aux Actes, Documents et Procédures judiciaires de chaque autre Etat. Et le Congrès peut, par des lois générales, décider de la manière dont ces Actes, Documents et Procédures judiciaires seront prouvés, ainsi que leur Effet.
C'est le ciment du système fédéral : dès lors qu'une matière relève de la compétence des états, l'indépendance de chacun d'entre eux est garantie — compensée — par l'obligation de reconnaissance imposée aux autres. La souplesse de ce système, l'intelligence de ses auteurs n'en finiront jamais de m'étonner.
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